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Sans Soleil de Chris Marker

  • Marceau Baptiste
  • 2 oct. 2022
  • 1 min de lecture

Dernière mise à jour : 11 janv.

par Marceau Baptiste


Chris Marker, Sans Soleil, (photogramme capturé à 23m15), 1h44, 1983
Chris Marker, Sans Soleil, (photogramme capturé à 23m15), 1h44, 1983

Pendant une courte séquence, des regards apeurés, envoûtants et terrifiants défilent frénétiquement sous une mystique mélodie. La narratrice avertit alors le spectateur : « Plus on regarde de télévision japonaise, plus on a le sentiment d'être regardé par elle. ». Cette séquence résonne comme un rituel. Tout comme le Docteur Frankenstein de Mary Shelley, Chris Maker capture une à une ses images télévisées, les assemble dans un montage hypnotique accompagné de cris et de notes synthétiques pour leurs donner vie. En donnant corps à ses images, Sans Soleil nait ou « it’s alive ! » s’exclamerait le docteur du Frankenstein de 1931 de James Whale. Le spectateur doit alors à la fin de la séquence accepter une étrange fatalité. Les images qui composent ce « monstre filmique » peuvent lui parler ou l’observer à son insu. Chaque regard, chaque mot qui sortent de Sans Soleil s’adressent directement à lui. Pourtant comme toutes choses vivantes, elles vieillissent et se dégradent jusqu’à ce qu’elles deviennent plus que des coquilles informes aux contours criards et contrastés que le spectateur retrouve à la suite de la séquence. Elles ne sont plus que le reflet altérer de ce qu’elles étaient. C’est « l’impermanence des choses » explique alors la narratrice.


Sans Soleil n’est pas qu’un simple récit d’un voyage mais une véritable expérience. Le cinéaste nous offre une illusion de la vie dans sa tentative de faire naître cet objet filmique, une aberration du monde du cinéma. Par ces enjeux, cette séquence devient l’une des majeures de Sans Soleil, sa naissance.


Marceau Baptiste

 
 
 

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